Le syndrome de la Feuille blanche


Aujourd’hui, Monsieur, j’ai simplement envie de m’offrir à vous. Une page blanche en présent. Faites ce que vous voulez de moi …

Je suis curieuse de savoir sur quoi se jettera alors votre dévolu. J’assumerai toutes les tortures qui vous traversent l’esprit. S’il vous plaît, laissez-vous porter par ce moment suspendu. Ne vous bridez pas. N’anticipez plus. Je vous en prie, ne vous gênez pas pour moi. Je suis une grande fille. Je sais encaisser.

Aujourd’hui, je ne vais pas vous contrarier. Alors cartographiez votre fureur sur ma peau si cela vous plaît. Rendez-moi muette par ce bâillon et aveugle par ce bandeau si cela est votre souhait. Liez mes poignets selon votre convenance. Je me plierai à vos exigences.

Allez-vous user de cette insoutenable douceur ou bien m’octroyer une bienheureuse dispense ?

Prodiguez-moi vos bons soins, Monsieur, je saurai me soumettre à vos desseins. Esquisse nivéenne, je rougirais pourtant peut-être face à vos fantaisies. Tant pis.

Et si vous me voyez grimacer ou pleurer, ce n’est pas grave. Continuez. Emmenez-moi là où vous voulez, je vous suivrai. À genoux, à quatre pattes, en rampant, peu importe …

Et si vous m’entendez jurer ou bien crier, n’arrêtez pas pour autant. Je vous en conjure. Pensez à mes dernières facéties si cela peut vous aider. J’ai envie de voir ce que je peux vous inspirer quand je vous laisse carte blanche. Laissez libre cours à votre violence. Je veux devenir son réceptacle. Innocent calice.

Je veux laisser de côté mes doutes, ma colère, mes contradictions et mes peurs. Je m’efface. Aujourd’hui, je ne serai qu’une vierge sacrificielle animée par votre volonté. Je n’aurai qu’un seul souci : vous servir … de toile. Nue.




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