Chaussure à mon pied

J'étais KO. Et toi aussi, je crois. Tu étais venu me chercher à la gare. J'avais vaguement marmonné un "Bonsoir, Maître." qui m'avait fait rougir et mouiller de plus belle. Ma chatte pulsait contre le jouet. J'avais écarté mes cuisses pour laisser le champ libre à ta main qui m'utilisait comme levier de vitesse alternatif quand la voiture était presque en pilote automatique. Je gémissais. Indécente. Je n'étais pas d'humeur à me censurer. J'étais descendue de voiture encore plus trempée qu'en y entrant. Je traînais pourtant des pieds, pestant contre tes maudits escaliers. Quelle idée d'habiter au dernier étage aussi ! Bref, j'étais de bonne composition.
"Enfin arrivée ! Je suis vannée."
Je laissai tomber mon sac un peu bruyamment.
Étonnamment, tu n'avais pas envie de te fâcher. Tu te moquais, me caressant.
"Tu manques d'endurance. Ne t'en fais pas, je vais t'apprendre."
Je frissonnais. Tu malaxas encore mon pubis. J'allais m'abandonner contre ton dos quand tu arrêtas brusquement comme si tu n'avais jamais commencé. J'étais perdue et je ne savais pas comment réagir. Désappointée et en colère, je ne pouvais pas te demander de reprendre là où on en était. Je m'avançais alors dans ton appartement.
"Chaussures."
Je tressaillis et me mordis la langue pour ne pas me confondre en excuses. Non mais comment tu me parlais ? En monosyllabe, comme à un chien ?!
"Oups, pardon."
Ma voix avait tiré dans les aigus et je n'avais pas bougé. Je te tournais encore le dos. Je n'osais ni te faire face, ni faire un pas de plus vers le canapé ou ton fauteuil. Mais je n'allais pas t'obéir pour autant. Je pris mon courage à deux mains et finalement, je finis par me diriger vers ton salon, me retournant pour soudainement te fixer. Ça ne me ressemblait pas vraiment et à la fois, c'était mon esprit de contradiction dans toute sa splendeur. Et sa puérilité. Tu allais presque passer à autre chose quand tu avisas mon courageux acte de rébellion. Ton sol allait être sali, ça agaçait prodigieusement le petit maniaque que tu étais. Et puis, je me comportais vraiment comme une sale gosse. D'un haussement de sourcils, je continuais à te défier, sans équivoque. Une partie de moi avait envie de courir vers l'entrée, me déchausser en te demandant pardon pour cette scène ridicule. Et puis, une autre attendait les représailles. Ma chatte se contractait contre le joujou enfermé à m'en faire mal. J'avais envie de m'en débarrasser et d'avoir peur encore pour l'emprisonner encore plus fort. Tu aurais pu me renvoyer dans mes 22 en m'ignorant tout bonnement. Je me serais sentie la plus abrutie des idiotes et je me serais sans doute assise sur ton fauteuil à me demander comment dignement sortir de cette situation. Sans succès. Puis j'aurais délacé mes baskets et je me serais enfermée aux toilettes pour donner le change, sûrement... J'aurais peut-être laissé coulé mes larmes face à ma stupidité et puis j'aurais cherché à redevenir intelligente en sortant.
Mais non, tu n'allais pas jouer sur ce terrain. Ce soir, tu étais gentil. Tu vins à moi. Je te regardais, une envie brûlante et craintive dans les yeux. Sans prévenir, tu empoignas mes cheveux en arrière.
"Bien."
Tu me tiras vers l'entrée. Je me laissais faire. Savourant cette douleur électrique qui me manquait tant parfois. Je ne cherchais pas une seconde à me dérober à ta prise. Tu croisas mon regard.
"Chaussures."
Mon ventre se tordit dans un spasme, m'arrachant un gémissement de souffrance pleine de désir. Je te regardais, heureuse. J'attendais que tu m'offres la suite. Moi, je ne pouvais faire plus que ça. Ce n'était même plus pour te mettre en colère ou défier ton autorité. C'était juste pour notre plaisir. Peut-être que le mien d'ailleurs. Mais si j'étais égoïste, je m'en fichais. À ce moment précis.
"Tu risques de finir à genoux."
Tu m'avais susurré la suite du programme. J'en frissonnais de plus belle. Je ne voulais pas, non pas maintenant, s'il te plaît. Pourquoi ça ? On ne peut pas négocier autre chose ? Une fessée ? Une gifle ? La cane ? Le baume du tigre ? S'il vous plaît. Ma tête pleurnichait dans le vide. Mon corps refusait de t'obéir. Tu m'avais emmenée trop loin pour rebrousser le chemin. D'autorité, je finis en geisha. Le nez à hauteur de ta braguette. Tu la fis glisser le plus lentement du monde. Pour faire durer le plaisir ? Me laisser le temps de me rétracter ? Ma bouche faisait déjà un o de stupeur. Tu sortis ta queue. Caressant mes lèvres. Mécaniquement, j'ouvris un peu plus grand. Tu t'engouffras. J'étais stupéfaite par ma réaction et te laissais imprimer un rythme lent mais possessif. Je réprimai un haut-le-cœur en te repoussant un peu. Tu te retiras. Tu aurais pu me faire boire le calice jusqu'à la lie mais tu étais gentil, ce soir-là. Tu me tapotas affectueusement la joue avec ta bite, ma bave souillant ma pommette. Une lueur de reconnaissance luisait dans mes yeux.
En tirant un peu sur ta prise capillaire, je défis mes chaussures. Un sourire irrépressible sur le visage. J'étais prête pour la suite...


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